Des infrastructures routières inadaptées aux deux-roues

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Tous les motards vous le diront : les infrastructures routières ont été pensées uniquement pour les automobiles. La preuve, elles sont responsables d’environ 34 % des accidents de deux-roues, selon l’Observatoire national interministériel de la Sécurité routière (ONISR) : des dommages qui pourraient pourtant être évités grâce à quelques aménagements… Explications.

Une chaussée trop glissante

    • Marquages au sol

Passages piétons, délimitations de files, pistes cyclables, voies de bus… Ils sont tous marqués au sol par des bandes de peinture blanche. Cette dernière doit être certifiée NF- équipements de la route pour garantir une certaine fiabilité tant au niveau de la durabilité que de l’adhérence. En effet, une peinture trop glissante peut être fatale à un conducteur de deux-roues ou à un piéton.

Après plusieurs essais, le coefficient  – mesurant les caractéristiques de glissance – a été fixé. Malheureusement, ces normes ne sont pas toujours respectées, et de nombreuses peintures non homologuées fleurissent sur nos routes. De plus, les marquages peuvent s’user avec le temps, sans que leur couleur blanche ne s’estompe pour autant, perdant ainsi leur adhérence. Impossible d’anticiper le danger dans ces cas-là.

Les jours de pluie, les risques sont d’autant plus importants, en particulier sur le revêtement vert des pistes cyclables.

    • Autres dangers

Il n’y a pas que les peintures qui sont potentiellement glissantes : les pavés (en plus de faire mal au derrière !) peuvent s’avérer dangereux lorsqu’il pleut, tout comme les plaques d’égouts. L’idée n’est évidemment pas de supprimer ces dernières, mais de les placer à des endroits stratégiques, où les deux-roues ne risquent pas de les croiser (éviter les virages par exemple).

Des accotements potentiellement dangereux

    • Glissières de sécurité inadaptées

Présentes sur l’accotement des routes, ces glissières minimisent les dégâts en cas d’accident de voiture. Mais pour les deux-roues, elles sont plus dangereuses que sécurisantes ! En cause : les piliers soutenant les rails de sécurité, qui deviennent de « véritables hachoirs pour les motards qui partent en glissade », pour reprendre les termes de la FFMC.

La solution paraît pourtant simple : équiper les glissières de lisse basse, en priorité dans les endroits à risques, comme les virages, les entrées et les sorties de voies rapides. Si c’est déjà le cas dans certains endroits, ces nouvelles glissières sont encore loin de faire partie du décor.

    • Décorations de bords de routes

Qu’ils sont jolis ces bacs à fleurs qui bordent la route ! Et ces gros cailloux !

Le motard, lui, ne les voit pas d’un si bon œil. Car, même si elles sont visibles de loin, ces décorations en dur sont des obstacles potentiels, contre lesquels les motards peuvent venir se heurter violemment lors d’une glissade.

Un manque de visibilité la nuit

Une bonne visibilité est essentielle à la conduite d’un deux-roues. À celle d’une voiture aussi d’ailleurs, mais force est de constater que plus les automobilistes voient bien, plus ils ont tendance à appuyer sur le champignon. L’État a donc décidé de supprimer progressivement l’éclairage des voies rapides urbaines la nuit, afin de dissuader les plus confiants.

Encore une fois, les deux-roues ont été oubliés de l’équation ! Pour peu que la pluie vienne s’abattre sur la visière, impossible d’anticiper les dangers de la route une fois la nuit tombée.

Pas de files réservées aux motards

Que ce soit sur l’autoroute ou sur le périphérique, il n’est pas rare de voir des deux-roues remonter les files pour éviter les bouchons. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette pratique n’est responsable que d’un faible taux d’accidents (1 % des accidents mortels et 3,4 % des accidents corporels). Il serait même plus dangereux de rester à l’intérieur des files et de prendre ainsi le risque de heurter un véhicule lors d’un ralentissement soudain. De plus, il suffit qu’un conducteur de deux-roues se retrouve derrière un camion ou un bus pour que sa visibilité soit considérablement réduite.

Suite au combat de nombreuses associations, la remontée de files pourraient bientôt être incluse dans le Code de la route, permettant aux automobilistes, comme aux motards, d’adopter des réflexes de conduites adaptés.

Une liste de dangers déjà longue, à laquelle viennent s’ajouter les ralentisseurs trop hauts, et souvent mal indiqués, des routes parfois mal entretenues criblées de bosses et de cassis, des séparateurs de voies de bus fréquents, des rails de tramway trop imposants… Bref, conduire un deux-roues est un véritable parcours du combattant !

En marge des campagnes de prévention, l’État doit impérativement repenser les routes en fonction de tous ses usagers, sans exception.